1093 Words Cours TP

Objectifs du chapitre

  • Comprendre l’importance de la supervision des systèmes et des réseaux.
  • Définir le protocole SNMP et son rôle dans la supervision.
  • Identifier les principales versions de SNMP et leurs différences.
  • Comprendre le modèle FCAPS et les domaines de gestion réseau.
  • Décrire l’architecture SNMP et le rôle de ses différents composants.
  • Comprendre le principe de la MIB et des OID.
  • Expliquer le fonctionnement des échanges entre le gestionnaire et les équipements réseau.
  • Identifier les principales requêtes et réponses SNMP.
  • Découvrir un outil de supervision comme Nagios.
  • Définir les bonnes pratiques pour sécuriser la supervision SNMP.
  • Identifier les principaux fichiers de configuration utilisés pour la supervision.

1. Pourquoi superviser les systèmes et les réseaux ?

Les infrastructures s’étendent sans cesse : les réseaux deviennent de plus en plus complexes à gérer manuellement. Un suivi constant (supervision proactive) permet de détecter et résoudre les problèmes avant qu’ils n’impactent les utilisateurs. La croissance des organisations nécessite une gestion efficace des ressources pour garantir la disponibilité et la performance, et superviser la santé du réseau permet de maintenir des performances optimales (qualité de service, QoS).

Exemple : un data center passe de 50 à 500 serveurs en 3 ans. Sans supervision automatisée (SNMP), une panne sur un serveur critique peut rester invisible pendant des heures et impacter des milliers d’utilisateurs.

2. Le protocole SNMP

SNMP (Simple Network Management Protocol) est un protocole de gestion réseau qui permet de superviser, contrôler et configurer routeurs, commutateurs, serveurs… Il est normalisé par l’IETF (Internet Engineering Task Force).

PortUsage
UDP 161Requêtes / réponses (GET / GET-NEXT / SET).
UDP 162Notifications TRAP / INFORM.

3. Différentes versions de SNMP

VersionAnnée / StatutApports et caractéristiques clésNiveau de sécurité
SNMPv11988-1990 (ancien standard)Première version basique avec requêtes/réponses simples.Très faible (mots de passe « community » transmis en clair).
Versions intermédiaires (SNMPsec, v2p, v2u, v2*)1993-1996 (historiques / expérimentales)Essais d’ajout de sécurité et de nouveaux types de données.Variable (remplacées par la suite).
SNMPv2c1996Plus de données et de meilleures performances.Faible (identification par chaîne de communauté en clair).
SNMPv32002 (standard actuel)Architecture complète axée sur la sécurité.Élevée (authentification fortifiée et chiffrement des données).

4. Domaines d’application de SNMP (modèle FCAPS)

Selon le modèle OSI, l’administration réseau via SNMP s’articule autour de 5 domaines principaux :

DomaineNom completRôle
F : PannesFault ManagementDétection, isolation et correction de conditions de fonctionnement anormal survenues dans le réseau.
C : ConfigurationConfiguration ManagementInstallation et identification des composants matériels et logiciels, mise à jour des paramètres des appareils.
A : ComptabilitéAccounting ManagementCalcul des coûts des ressources, gestion de la charge des ressources pour empêcher toute surcharge, facturation.
P : PerformancesPerformance ManagementSurveillance des performances du réseau, réglage de la performance du réseau de l’entreprise, collecte des données statistiques, identification et résolution des problèmes de performance.
S : SécuritéSecurity ManagementGestion de la confidentialité, protection du réseau, de ses ressources et de ses utilisateurs contre les attaques et autres activités malveillantes.

5. Architecture de SNMP

L’architecture SNMP se compose de :

ComposantRôle
NMS ManagerConsole centrale interrogeant les équipements et traitant les alertes réseau : poste central de supervision, détection active des pannes, modification des configurations.
Agent SNMPProgramme local mesurant en continu l’état physique et logique du matériel : collecte des métriques locales (CPU, mémoire, trafic, erreurs).
MIBBase de données hiérarchique codifiant l’ensemble des variables système.

En résumé : le NMS supervise, l’agent collecte, la MIB organise les informations.

6. Management Information Base (MIB)

La MIB est une structure logique qui regroupe et organise les objets de gestion accessibles via SNMP, sous forme d’une arborescence. Chaque objet de gestion est identifié de manière unique par un OID (Object Identifier). La MIB référence les informations relatives à l’équipement : paramètres de configuration, statistiques d’utilisation, état des interfaces réseau, informations relatives aux adresses IP et aux protocoles.

Les nœuds clés dans l’arborescence MIB :

root (0)
└── iso (1)                          point d'entrée mondial géré par l'ISO pour tous les standards
    └── identified-organisation (3)  branche réservée aux organisations internationales reconnues
        └── dod (6)                  branche historique liée à l'origine du réseau Internet
            └── internet (1)         contient toutes les sous-branches de gestion du protocole TCP/IP
                └── management (2)   espace dédié à la supervision et à l'administration des équipements
                    └── mib-2 (1)    base d'objets standards (system, interfaces, ip, icmp, tcp, udp, host)
                        └── host (26)   OID = 1.3.6.1.2.1.26

7. Fonctionnement et méthodes de communication

Échange typique entre le gestionnaire et un équipement :

  1. Requête : le manager envoie un GET à l’agent avec l’OID de la valeur voulue (ex. charge CPU).
  2. Recherche : l’agent retrouve cet OID dans sa MIB.
  3. Réponse : l’agent renvoie la valeur au manager (GetResponse).
  4. Affichage : le manager présente la valeur à l’administrateur.

Il existe deux méthodes de communication, complémentaires :

  • le polling, sur le port UDP 161 ;
  • l’émission de trap, sur le port UDP 162.

8. Requêtes et réponses SNMP

CatégorieRequêteRôle
Recherche d’informationsGetRequestRecherche d’une variable sur un agent.
Recherche d’informationsGetNextRequestRecherche de la variable suivante.
Recherche d’informationsGetBulkRequestRecherche d’un groupe de variables (depuis SNMPv2c).
Envoi d’informationsTrap / InformRequestNotification d’un incident par l’agent.
Modification de valeursSetRequestChange la valeur d’une variable d’un agent.

Une seule réponse existe : GetResponse. Sans erreur, elle renvoie la ou les valeurs souhaitées ; en cas d’erreur, elle contient un code d’erreur (par exemple noSuchObject).

9. Outils de supervision

CritèreNagiosZabbixPRTGCactiPrometheus
LicenceOpen source (Core)Open sourceCommercial (gratuit, 100 capteurs max)Open sourceOpen source
Support SNMPcheck_snmp : GET sur un OIDNatifNatifNatifVia snmp_exporter
AlertesNatives (e-mail, SMS)NativesNativesLimitéesAlertmanager à ajouter
ConfigurationLégère et rapideLourde (serveur + BDD + web)Windows uniquementMoyenneConfiguration complexe

10. Bonnes pratiques de sécurité, Nagios

  • Authentification forte pour l’interface Web.
  • HTTPS/TLS pour protéger les identifiants.
  • Limiter l’accès réseau à l’interface Nagios.
  • Protéger les fichiers de configuration et leurs permissions.
  • Principe du moindre privilège : utilisateur dédié nagios.
  • Sécuriser les plugins et scripts utilisés par Nagios.
  • Mettre à jour régulièrement Ubuntu, Nagios et les plugins.
  • Limiter les notifications aux administrateurs autorisés.

11. Fichiers de configuration

/usr/local/nagios/
├── etc/
│   ├── nagios.cfg          # fichier principal
│   ├── htpasswd.users      # mot de passe admin
│   ├── objects/
│   │   ├── contacts.cfg    # qui prévenir
│   │   └── commands.cfg    # commandes (ping...)
│   └── servers/            # dossier à créer
│       ├── host.cfg        # machines à surveiller
│       └── services.cfg    # services à surveiller
└── libexec/                # plugins (check_ping...)